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Quelles sont les nouveautés de la RE2020 ?

Publié le 31 mai 2022 à 13:34

« Mieux vaut prendre le changement par la main, avant qu’il ne nous prenne par la gorge » Winston Churchill

Cet aphorisme du célèbre ancien premier ministre anglais illustre et résume assez bien le cadre des décisions politiques concernant la protection de l’environnement et la maîtrise de l’énergie en France depuis cinquante ans.

D’abord centrées sur la maîtrise et l’économie de l’énergie suite aux chocs pétroliers des années soixante-dix, ces politiques ont évolué lorsque les décideurs français ont pris conscience de la forte dépendance de notre pays aux énergies fossiles, mais aussi l’incapacité de continuer à s’approvisionner aux sources de pays colonisés.

Cette prise en compte des changements géopolitiques et stratégiques, d’abord pour des raisons de maîtrise budgétaire et d’indépendance stratégique, s’est

 parallèlement accompagnée d’une sensibilisation accrue des populations et des pouvoirs publics aux questions 

environnementales

 

                                   La « une » d’un quotidien en 1973

 

C’est ainsi que les années soixante-dix ont vu le développement du nucléaire civil avec, parallèlement, la mise en place des heures d’été,  le développement des politiques d’incitation à l’économie d’énergie dans tous les domaines de l’économie et, particulièrement, dans le bâtiment.

Entre 1982 et 2012, cinq réglementations thermiques ont vu le jour, mettant l’accent sur la réduction de la consommation énergétique puis, de plus en plus, sur la diminution de l’empreinte écologique des bâtiments avec, comme objectif à long terme, des bâtiments à énergie positive et à très faible empreinte écologique à l’horizon 2050.

Nous allons étudier, dans ce document, les évolutions et changements induits par la RE2020 (règlementation énergétique des bâtiments) par rapport à la RT2012 (règlementation thermique).

2- RE2020 : de quoi parle-t-on ?

La RE2020 est une nouvelle réglementation applicable aux constructions neuves depuis le 1er janvier 2022. 

 

Elle répond à trois objectifs majeurs :
- diminuer l’empreinte carbone des bâtiments neufs ;
- optimiser davantage leur performance énergétique en misant notamment sur la mixité des matériaux utilisés lors de la construction ;
- adapter les bâtiments aux fortes chaleurs pour les rendre plus agréables.

 

Cette nouvelle norme entend diviser par trois la consommation énergétique des nouveaux bâtiments par rapport aux constructions existantes.

Parmi les grandes mesures de la RE2020, on peut citer la mise en place du concept BEPOS (bâtiment à énergie positive). Toute construction neuve devra désormais répondre à ce standard et produire plus d’énergie qu’elle n’en consomme, grâce à des matériaux favorisant l’accumulation et la diffusion de chaleur (bois, terre crue, etc.). Les bâtiments doivent être capables de produire leur propre énergie renouvelable, notamment à l’aide de panneaux solaires.

De ce fait, le recours au chauffage des nouvelles constructions devra être limité, de même que l’usage de la climatisation, de l’éclairage, de la ventilation et de l’eau chaude sanitaire. Pour cela, les futures constructions verront leur isolation renforcée.

3- RT2012 et RE2020 : quelles évolutions ?

Avant la mise en œuvre de la RE2020 au mois de janvier 2022, les bâtiments neufs étaient réglementés par la RT2012 appliquée depuis janvier 2013 pour donner suite au Grenelle de l’environnement.

Cette dernière a succédé aux normes RT2000 puis RT2005.

 

Plusieurs évolutions majeures distinguent la RE2020 de la RT2012 :


- La RT2012 s’appuyait sur le label BBC (bâtiment basse consommation) qui limitait la consommation à 50 kWh/m². La RE2020 va plus loin en passant au standard BEPOS afin que le bâtiment produise plus d’énergie qu’il n’en consomme.


- La RT2012 contrôlait uniquement l’usage du chauffage, la production d’eau chaude sanitaire, le mode de refroidissement et l’éclairage. La RE2020 prend également en compte la consommation des appareils ménagers et électroménagers ainsi que l’impact carbone de la construction.


- L’objectif fixé n’est plus le même : la RT2012 visait à diminuer la consommation des équipements mais la RE2020 entend plutôt supprimer totalement le gaspillage énergétique.


- Les moyens mis en œuvre pour atteindre l’objectif fixé évoluent également : la RT2012 se focalise avant tout sur l’isolation thermique des constructions, alors que la RE2020 mise sur une meilleure production d’énergie et une diminution de l’empreinte environnementale des bâtiments, en plus de l’isolation (Source : ast-groupe.fr https://urlz.fr/ilYV).

4- Des objectifs de plus en plus ambitieux

 

 

La RT2012 répondait aux enjeux énergétiques, la RE2020 est là pour répondre aux enjeux environnementaux

L’objectif de la RT2012 reposait sur une réduction significative de la consommation énergétique des bâtiments neufs en s’attachant plus particulièrement à la consommation en énergies primaires et à l’optimisation du bâti afin de le rendre naturellement plus efficace.

(Source : GRDF.fr https://urlz.fr/ilM1)

La RE2020, nouvelle réglementation environnementale vise à promouvoir trois principes d’exigences : la performance énergétique, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation des bâtiments neufs aux conditions climatiques futures.

Ce dernier élément prend en compte les dernières analyses scientifiques concernant le réchauffement climatique à venir.

 

Dans la lignée de la réglementation dite RT2012, la RE2020 insiste sur la performance thermique de l’enveloppe du bâtiment tout en garantissant l’optimisation des consommations énergétiques des systèmes. Le recours aux énergies renouvelables est fortement favorisé et celui concernant les énergies fossiles sera à contrario très pénalisant.

 

La notion d’ACV (Analyse du Cycle de Vie), introduite au cœur de cette nouvelle réglementation, va grandement influencer les choix constructifs. Les matériaux dit biosourcés, émettant peu de carbone, seront nettement avantagés au détriment des matériaux à forte empreinte carbone (Source : re‑vi‑fluide.fr https://urlz.fr/ilMz ).

 

 Il s’agit donc de :

  • Diminuer l’impact sur le climat des bâtiments neufs en prenant en compte l’ensemble des émissions du bâtiment sur son cycle de vie, dès la construction. Cela permettra, d’une part, d’inciter à des modes constructifs qui émettent peu de gaz à effet de serre ou qui permettent d’en stocker tels que le recours aux matériaux biosourcés. D’autre part, la consommation de sources d’énergie décarbonées sera encouragée, notamment la chaleur renouvelable.
  • Poursuivre l’amélioration de la performance énergétique et la baisse des consommations des bâtiments neufs. La règlementation ira au-delà de l’exigence de la règlementation 2012, en insistant en particulier sur la performance de l’isolation quel que soit le mode de chauffage installé, grâce au renforcement de l’indicateur « de besoin bioclimatique » (dit « Bbio »).
  • Et une nouveauté par rapport à la RT2012, garantir aux habitants que leur logement sera adapté aux conditions climatiques futures en introduisant un objectif de confort en été. Les bâtiments devront mieux résister aux épisodes de canicule qui seront plus fréquents et intenses du fait du changement climatique.

 

Il s’agit de la première réglementation française, et une des premières mondiales, à introduire la performance environnementale dans la construction neuve via l’analyse en cycle de vie (Source : rt.batiment.fr  https://urlz.fr/hVqx).

 

La RE2020 sera à destination des bâtiments à usage d’habitation puis progressivement étendue aux bureaux et locaux d’enseignement et enfin aux bâtiments tertiaires plus spécifiques. Elle est entrée en vigueur le 1er janvier 2022 et remplacera progressivement la RT2012.

5- L’analyse du cycle de vie

 

La nouvelle réglementation va plus loin que la RT2012 qui se cantonnait aux performances thermiques.

En effet, il sera désormais nécessaire d’analyser le cycle de vie du bâtiment dans sa globalité et d’évaluer l’impact environnemental à chaque étape de la vie du bâtiment.

Sujet majeur pour lutter contre le réchauffement climatique et atteindre les enjeux ambitieux fixés par la loi Énergie Climat, le secteur du bâtiment doit se réinventer car il serait à l’origine de 30 % des émissions de CO2 françaises à horizon 2050.

https://www.ecologie.gouv.fr/energie-dans-batiments

Parmi les axes principaux de cette nouvelle réglementation, la performance d’un bâtiment ne sera plus simplement évaluée dans sa phase d’exploitation mais prendra en compte toutes les étapes de sa vie depuis l'extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie du bâtiment. 

L’Analyse du Cycle de Vie complet (ou ACV) sera donc indispensable pour se lancer dans de nouveaux projets de construction (Source : locabri.com https://urlz.fr/ilO1).

 

Quelles sont les 7 étapes à prendre en compte dans l’ACV ?

 

1 - L'extraction des matières premières

Lors de la recherche des matières premières, la consommation d’énergie, d’eau et les émissions de gaz à effet de serre devront être analysées. Les matériaux biosourcés, c’est-à-dire produits avec de la matière organique renouvelable d’origine végétale ou animale (bois, liège, chanvre…), devront notamment être privilégiés par rapport aux produits dérivés du pétrole ou des produits extraits des carrières.

 

 2 - La fabrication des matériaux et des produits

Habillage des bâtiments, revêtements de sols, peintures, matériaux de construction…, tout ce qui entre dans la construction du bâtiment a un impact environnemental non négligeable. Avec la RE2020, qu’il s’agisse de l’énergie nécessaire pour les produire, des émissions de CO2 induites ou des déchets générés par leur fabrication, tous les matériaux et les produits de construction devront présenter des bilans environnementaux réduits.

 

3 - Le transport

Bien évidemment, le transport de tous ces matériaux vers le chantier a un impact important. Le nombre de camions, le type des véhicules nécessaires pour le transport et la manutention, les distances à parcourir, la consommation globale de carburant… sont autant d’éléments que devront prendre en compte dans leurs choix les fabricants de matériaux, les constructeurs et les clients finals. 

 

4 - La mise en œuvre du bâtiment

 

La construction sur chantier est une des étapes les plus énergivores, génératrice de déchets et consommatrice d’eau. La préfabrication sera donc bien souvent à privilégier afin de réduire les opérations à réaliser sur place. Préfabriqués en béton, ossatures prémontées en bois, systèmes modulaires, plus la mise en œuvre du bâtiment débutera hors site, plus elle sera simple et rapide et plus l’impact environnemental de cette étape sera réduit

 

5 - L’exploitation

Auparavant, avec la RT2012, il s'agissait de la seule étape de la vie d’un bâtiment prise en compte pour évaluer sa performance environnementale. Ce n’est désormais plus le cas avec la RE2020.

Chauffage, isolation, consommation électrique, production d’énergie..., la RT2012 aura fait grandement progresser les fabricants de matériels, les constructeurs et les utilisateurs pour que l’exploitation du bâtiment soit la plus responsable possible.

La RE2020 poursuit dans ce sens et s’accentue notamment sur la thématique du confort et de la fraîcheur des bâtiments durant les épisodes de fortes chaleurs.

Enfin, elle donne la priorité à la sobriété énergétique et à la décarbonisation de l'énergie, avec moins d’utilisation du gaz et des énergies fossiles en favorisant l'électricité, les pompes à chaleur, les énergies renouvelables,...  

 

6 - La rénovation et la réhabilitation

La durée de vie des bâtiments et leur capacité à pouvoir évoluer au gré du temps et des nouveaux usages sera un critère important dans le cadre de la RE2020.

Qualité des matériaux, facilité à régénérer le bâtiment au cours de sa vie, réemploi possible du bâtiment, facilité de réparation sont autant d’atouts que devront proposer les fabricants et les constructeurs.

 

7 - La destruction 

Méthode de déconstruction, capacité à recycler les matériaux, réemploi ou régénération possible des composants pour être utilisés à nouveau, le bâtiment du futur devra pouvoir être déconstruit avec un impact carbone le plus faible possible et servir dans de nouveaux projets.

 

6- Le confort d’été

Le confort d'été est une notion associée à la réglementation thermique. Elle désigne la capacité d'un bâtiment à maintenir une température intérieure maximale agréable l'été, sans avoir à recourir à un système de climatisation (qui peut s'avérer très énergivore).

 

Ainsi, la RE2020 introduit une nouvelle exigence, sur les degrés-heures d’inconfort (DH), avec une nouvelle méthode de calcul qui prend en compte les effets du changement climatique sur les bâtiments : l’évolution des températures à venir, les vagues de chaleur qui vont devenir plus fréquentes, plus intenses et plus longues.

Uniquement pour le calcul du confort d’été, la mise à jour des scénarios météorologiques intègre une séquence caniculaire dans les fichiers conventionnels (Source : rt.batiment.fr https://urlz.fr/hVqx).

7- Valorisation de l’énergie renouvelable

La RE2020 privilégie réellement les énergies renouvelables : un nouvel indicateur, le Cep,nr (consommation en énergie primaire non renouvelable) ne tient pas compte des énergies renouvelables ou récupérées. Cette nouveauté vise à inciter les concepteurs à progressivement remplacer les énergies fossiles et nucléaires par des énergies renouvelables.

8- A nouveaux objectifs, nouveaux indicateurs

Lors de la RT2012, trois indicateurs avaient été mis en place : coefficient Bbio, Cep max et Tic ref.

Dans la RE2020, le Tic ref disparait et quatre nouveaux indicateurs apparaissent :

Principales évolutions des indicateurs RT2012/RE2020 (Source : rt.batiment.fr https://urlz.fr/hVqx)

 

Comme la réglementation thermique de 2012 (RT2012), la RE2020 met en application un principe de base : l’énergie la moins chère et la moins polluante est celle qu’on ne consomme pas.

 

Dans cet esprit, l’indicateur sur les besoins énergétiques (BBIO) est toujours présent, mais le seuil réglementaire est plus ambitieux : l’objectif vise la sobriété des logements neufs, des réflexions architecturales plus poussées qui devront limiter les besoins énergétiques du bâtiment à l’essentiel.

 

L’indicateur sur les consommations énergétiques (Cep) comptabilisera toujours la quantité d’énergie nécessaire pour couvrir les besoins restants du bâtiment. L’objectif de réduction de la consommation se traduit également par l’amélioration de l’efficacité énergétique des équipements.

 

Enfin, la RE2020 privilégie réellement les énergies renouvelables : un nouvel indicateur, le Cep,nr (consommation en énergie primaire non renouvelable) ne tient pas compte des énergies renouvelables ou récupérées. Cette nouveauté incite les concepteurs à remplacer progressivement les énergies fossiles et nucléaires par des énergies renouvelables.

 

Les principales évolutions au niveau des exigences concernent :

 

  1. a) l’évolution du coefficient du besoin bioclimatique (Bbio)

 

Le Bbio caractérise la capacité de la conception d’un bâtiment à réduire passivement les besoins de chauffage en hiver, de refroidissement en été et d’éclairage artificiel.


Comme en RT2012, un Bbio performant s’obtient en optimisant le bâti indépendamment des systèmes énergétiques mis en œuvre : prise en compte de l’orientation et de la disposition des baies ou fenêtres afin de favoriser les apports solaires en hiver tout en s’en protégeant en été, travail sur l’éclairage, limitation des déperditions thermiques grâce à la compacité des volumes et une bonne isolation des parois opaques (murs, dalle et toiture) et des baies.

Principe de base d'une conception bioclimatique

 

Le Bbio doit être inférieur à une valeur seuil Bbio max. Avec la RE2020, cette valeur du Bbio max a été renforcée afin d’optimiser la conception du bâtiment concernant tant ses performances hivernales qu’estivales. Elle est toujours modulée en fonction du contexte du bâtiment.

 

  1. b) la prise en compte du confort d’été et des besoins de froid

 

Dans la réglementation précédente, les besoins de froid étaient pris en compte dans le calcul uniquement lorsque le concepteur choisissait d’installer un système de climatisation pour garantir le confort du bâtiment en été.

 

Avec la RE2020, ce besoin de froid est systématiquement intégré au calcul, même s’il n’y a pas de système de climatisation prévu (environnement extérieur peu contraignant).

Ainsi, là où la RT2012 minimisait les besoins de froid, en se basant sur l’absence de système de climatisation, la RE2020 est réaliste et comptabilise systématiquement les besoins de froid, même si aucun équipement de climatisation n’est installé pour les couvrir. Sur ce point, l’objectif est bien de renforcer les exigences de réduction passive des apports solaires en été même lorsque l’environnement extérieur n’est pas contraignant pour prendre en compte le réchauffement climatique.
 

  1. c) l’évolution du Coefficient d’Énergie Primaire (Cep)

 

Avec cet indicateur, la RE2020 élargit son champ d’application, renforce ses exigences sur l’efficacité des équipements et incite à l’autoconsommation de productions électriques et à la récupération de chaleur.

Le Cep est calculé pour les usages conventionnels suivants : Chauffage, Refroidissement, Production d’eau chaude sanitaire, Éclairage, Ventilation et auxiliaires.

Nouveau ! La consommation d’électricité nécessaire au déplacement des occupants à l’intérieur du bâtiment, s’il y en a : ascenseurs et/ou escalators.

Nouveau ! La consommation d’électricité pour les parkings des systèmes suivants : systèmes d’éclairage et/ou de ventilation, s’il y en a.

Nouveau ! La consommation d’électricité des circulations en logement collectif pour l’éclairage.

 

Sur l’ensemble des vecteurs énergétiques utilisés pour couvrir les besoins de ces postes de consommations, la partie renouvelable et non renouvelable est comptabilisée. Le calcul du Cep comptabilise uniquement les énergies importées (renouvelables ou pas) nécessaires à la couverture des besoins du bâtiment. L’indicateur ne comptabilise donc pas les énergies renouvelables captées sur la parcelle du bâtiment.

 

L’autoconsommation d’une production électrique photovoltaïque ou la chaleur récupérée ne sont pas des énergies importées, elles ne sont donc pas intégrées dans le calcul. Ainsi leur bénéfice est pris en compte dans la RE2020 car elles réduisent le Cep.

En revanche, dans l’optique de valoriser le potentiel d’autoconsommation, l’export d’énergie n’est pas pris en considération dans la RE2020.

 

  1. d) l’introduction du Coefficient d’Énergie Primaire non renouvelable (Cep,nr)

 

L’indicateur Cep,nr représente la consommation d’énergie primaire non renouvelable du bâtiment sur les mêmes usages que le Cep. Cet indicateur comptabilise donc uniquement les vecteurs énergétiques non renouvelables pour couvrir les besoins du bâtiment. Hormis ce point, il est en tout point identique au Cep.

Par exemple, la consommation de bois ne sera pas prise en compte dans le calcul de l’indicateur, tout comme la part renouvelable de la chaleur fournie par un réseau de chaleur. Avec ce nouvel indicateur, la RE2020 diffère de la RT2012 et incite au recours aux énergies renouvelables via un seuil maximal ambitieux de consommation d’énergie primaire non renouvelable.

 

L’objectif est double sur le volet de la performance énergétique, la RE2020 devant permettre de construire des bâtiments qui consomment moins mais aussi qui utilisent des énergies moins carbonées.

 

Ainsi pour la première fois, la réglementation fixe un seuil maximal d’émissions de gaz à effet de serre des consommations d’énergie. L’indicateur Icénergie évaluera l’impact sur le changement climatique de la consommation des énergies pendant l’utilisation du bâtiment sur toute sa durée de vie, soit 50 ans (impact mesuré en kg de CO2 équivalent émis dans l’environnement par m²).

 

Une nouvelle méthode de calcul est utilisée : elle s’appuie sur des données environnementales conventionnelles d’impacts des énergies et sur des principes de l’analyse du cycle de vie (voir point 5).

Quoiqu’il soit directement lié à la performance énergétique, le résultat est un indicateur environnemental.

9- Modifications supplémentaires de la méthode de calcul

Voici les principales modifications, en plus de celles énoncées dans le calcul des indicateurs :

- Les indicateurs sont ramenés à une surface consensuelle : la surface habitable (SHAB) pour les habitations et la surface utile (SU) pour les autres destinations, en remplacement des surfaces "thermiques" ;

- Les scénarios météorologiques sont mis à jour par:

* l’actualisation des années de référence : années-type dont la constitution a été effectuée sur la base de fichiers Météo-France sur la période de janvier 2000 à décembre 2018,

* la modification de deux stations météos : la Rochelle est remplacée par Tours et Nice par Marignane,

* l’insertion d’une séquence caniculaire dans le scénario météo conventionnel pour le calcul du confort d’été uniquement ;

- La valeur du coefficient de conversion en énergie primaire de l’électricité est revue de 2,58 à 2,3 ;

- Les scénarios d'occupation ont été ajustés pour rendre compte de manière plus réaliste du comportement des usagers.

 

Néanmoins, il s'agit toujours de scénarios conventionnels et de profils moyens, de sorte que les résultats ne peuvent être utilisés comme outil de prédiction des consommations.

10- Exigences de résultat

Comme pour la réglementation RT2012, les projets seront également soumis à des indicateurs avec une exigence de seuil. La RE2020 comptera 6 exigences de résultats à respecter obligatoirement :

Indicateurs RE2020 et seuils à respecter (Source : re-vi-fluide.fr https://urlz.fr/ilMz )

À noter qu’à présent, afin d’assurer la performance réelle du bâtiment construit, deux vérifications de la performance après travaux sont désormais obligatoires pour l’habitation :
* la perméabilité à l'air de l'enveloppe. Les exigences restent inchangées. En revanche, une pénalisation des mesures par échantillonnage est introduite ;
* introduction de la vérification du système de ventilation du bâtiment, avec notamment une mesure de ses performances.

 

Conclusion

La RE2020 s’imbrique dans la continuité de la RT2012 en prenant en considération l’ensemble du projet de construction, de la fabrication et de l’exploitation à la fin de vie du bâtiment .
C’est une règlementation extrêmement ambitieuse qui va modifier profondément l’approche des constructions avec comme objectif à 2050 une production de bâtiments à énergie positive avec un impact écologique le plus faible possible.
Il va nécessiter, de la part de l’ensemble des acteurs du bâtiment, une importante remise en question pour une amélioration constante des pratiques professionnelles.

 

 

 


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